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Congrès de Nanterre : Contributions du RUSEMEG au débat féministe collectif

09.10.2018 / Créé par (EMWF)
Congrès de Nanterre : Contributions du RUSEMEG au débat féministe collectif

En août, le Réseau universitaire et scientifique euro-méditerranéen sur le genre et les femmes (RUSEMEG) a organisé le colloque « Mots et maux des femmes en Euro-méditerranée : récit, corps, violence, argent » en présence de plusieurs chercheures et professeures éminentes. L’événement s’est tenu à l’Université Paris-Nanterre dans le cadre du Congrès international des recherches féministes dans la Francophonie (CIRFF). 

Les sessions 1 et 2 du colloque ont eu lieu le 28 août et ont été consacrées au thème « Genre, récit et corps : regards croisés ». Le débat a été focalisé sur le corps et les femmes dans différents récits littéraires. Les échanges ont interrogé le choix des personnages féminins et leurs parcours. Correspondent-ils à la réalité contemporaine ou relatent-ils une vision figée ? 

Zohra Mezgueldi, professeure à l’Université Hassan II de Casablanca, a fait une intervention sous le titre « Masculin/féminin entre déplacement et retournement des signes : une réévaluation des discours sur l’identité de genre dans le récit marocain francophone ». Elle a ainsi questionné le roman marocain de langue française sur la société qu’il reproduit, c’est-à-dire ses représentations, en soulignant plusieurs périodes importantes. Mme. Mezgueldi a conclu en soulignant que cette littérature rend compte des changements et des évolutions, des tensions et des contradictions, des enjeux et des défis de la société. 

Mònica Rius-Piniés, de l’Université de Barcelone, est intervenue sur « Le langage des corps égarés : la recherche d’un espace anatomique dans le récit de Miral Al-Tahawy ». Mme Rius-Piniés a donné quelques indications biographiques et bibliographiques sur cette romancière d’origine bédouine, qu’elle a présentée comme une féministe. Cette romancière raconte des histoires inspirées de son vécu, avec des femmes qui font face à des situations hostiles, mais n’emploie pas un discours revendicatif. 

Carmen Boustani, de l’Université libanaise de Beyrouth, a parlé d’« Andrée Chedid (Le Caire 1920-Paris 2011), féministe et rebelle ». Mme Boustani a présenté la romancière en commençant par son premier roman, Le sommeil délivré (1952), où elle explore l’Égypte profonde et dénonce le machisme dominant. L’auteure développe et croise les thèmes de la révolte, de la mort et des obsessions. 

Ces deux sessions ont permis aux différentes participantes de réfléchir et de remettre en question les rôles assignés au masculin et au féminin dans les différents récits abordés. Des questions pertinentes ont été soulevées sur la création littéraire. Doit-elle être libre totalement ? Ou devrait-elle se préoccuper des défis de l’actualité et les représenter ? Quel est le rôle de la critique littéraire ? 

La session 3 du colloque a eu lieu le 29 août à 9h00 et a traité du sujet « Femmes et violences ». 

Cette session a fait l’objet d’une modération à deux voix et de deux présentations par deux historiennes qui ont montré avec documents et citations à l’appui que la question des violences de genre devait être historicisée.

La présentation de Karine Lambert a servi à révéler que les violences commises par les femmes pouvaient traduire des résistances à l’ordre dominant et refléter des souffrances de femmes pas toujours entendues.

La présentation de Rim Yacoubi a donné la voix aux femmes détenues pour révéler ce qui se passe dans ces lieux d’enfermement où religion et ordre social se conjuguent pour punir celles qui ont « fauté ».

En ligne avec les théories féministes, un des aspects les plus importants de cette session du colloque a été de déconstruire l’image habituelle des relations hommes / femmes dans la question des violences sexuelles. De fait, les femmes ne sont plus pensées comme naturellement et systématiquement à placer du côté des victimes et les hommes du côté des bourreaux. Les violences exercées par les femmes sur autrui (hommes, femmes, enfants) constituent aujourd’hui un objet de recherches légitime. 

La session 4 s’est tenu le 29 août à 10h40 et a abordé « L’argent des femmes ». L’atelier s’est attelé à analyser l’économie au regard des rapports sociaux entre les sexes. 

Fatma Oussedik a souligné le décalage important que l’on observe en Algérie entre les statistiques concernant l’accès des femmes au système éducatif et leur accès à l’emploi formel.

Pour Fatma Boufenik dont les recherches portent sur des situations de vulnérabilités sociale, économique et financière des femmes prises dans des schémas de domination du système patriarcal en Algérie (des femmes victimes des violences de genre, des migrantes et des femmes prostituées), l’argent des femmes est à la fois une opportunité d’autonomisation économique mais aussi une menace à leur indépendance lorsqu’elles sont prises dans des schémas de dominations.

L’intervention de Nouri Rupert a porté sur les effets de l’accumulation de capital financier sur le couple conjugal, par les femmes françaises d’origine marocaine, entre la France et le Maroc, et notamment sur la position économique des femmes au sein du couple, au moins équivalente à celle de leurs maris ou souvent supérieure.

La comparaison des recherches effectuées entre tous ces cas de figure montre l’importance de la prise en compte de l’hétérogénéité des femmes et leurs appartenances aux différents groupes sociaux avec des capitaux sociaux, économiques et politiques divers. Ainsi, l’accès aux ressources économiques et financières permet à certaines femmes de modifier les rapports sociaux de sexe mais ne garantit pas l’autonomisation de toutes les femmes.

Ce colloque s’inscrit dans le projet « Renforcer les capacités des acteurs de l’égalité » financé par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) et coordonné par l’Institut européen de la Méditerranée (IEMed) en partenariat avec le Centre des femmes arabes pour la formation et la recherche (CAWTAR), la Fédération des ligues des droits des femmes (FLDF), le Forum femmes Méditerranée (FFM), l’État français et le RUSEMEG. Il s’inscrit aussi dans le cadre du projet « Développer l’autonomie des femmes », labellisé par l’Union pour la Méditerranée (UpM)

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